Le projet de chemin de fer Uvinza-Musongati, qui reliera le Burundi à la Tanzanie, s’apprête à entrer dans une phase concrète. Au-delà d’un simple chantier d’infrastructure, il incarne une ambition régionale : transformer les échanges commerciaux et renforcer l’intégration économique de l’Afrique de l’Est.
Lors d’une réunion tenue mardi entre le ministre burundais des Infrastructures, Damien Niyonkuru, la Banque africaine de développement (BAD) et plusieurs autres parties prenantes, il a été confirmé que les préparatifs liés à l’exploitation des mines nécessaires à la construction sont en cours. Le ministre a insisté sur la nécessité de lancer rapidement les travaux afin de respecter les visions de développement 2040 et 2060. Le ministre Niyonkuru a réaffirmé la volonté du Burundi de lancer les activités dans les plus brefs délais, soulignant que ce projet constitue une priorité nationale. « Nous allons travailler ensemble pour que ce chemin de fer devienne une réalité et qu’il contribue à transformer notre économie », a-t-il déclaré.
Sur le plan économique, les retombées attendues sont considérables. Le chemin de fer facilitera l’exportation des minerais burundais, notamment le nickel de Musongati, tout en réduisant les coûts logistiques pour les entreprises locales. Les agriculteurs bénéficieront également d’un accès plus rapide aux marchés régionaux, ce qui devrait stimuler la production et améliorer les revenus des ménages. À terme, le projet pourrait créer des milliers d’emplois directs et indirects, dynamisant ainsi l’économie nationale.
Le Burundi s’est engagé à investir 100 millions de dollars par an jusqu’en 2031 pour soutenir la réalisation du projet. Toutefois, le gouvernement appelle la BAD à accélérer ses décaissements, celle-ci n’ayant libéré que 7 % des fonds promis. Le respect de ces engagements financiers est crucial pour garantir l’avancement des travaux et éviter les retards.
Sur le plan géopolitique, le chemin de fer Uvinza-Musongati représente un levier stratégique. En reliant le Burundi à la Tanzanie et, à terme, à la République démocratique du Congo, il ouvre une nouvelle voie commerciale vers l’océan Indien. Cette connexion renforcera la position du Burundi dans les échanges régionaux et contribuera à réduire sa dépendance aux routes routières souvent saturées.
Le projet est également perçu comme un symbole de coopération régionale. L’inauguration officielle des travaux, le 16 août 2025 par le président burundais Évariste Ndayishimiye et le Premier ministre tanzanien Kassim Majaliwa, avait déjà marqué une étape historique. Les six années de chantier prévues devraient aboutir à une infrastructure moderne, capable de transformer durablement le paysage économique et politique de la région.
Avec ce lancement annoncé, le chemin de fer Uvinza-Musongati s’impose comme un projet phare, porteur d’espoir pour les populations locales et vecteur d’intégration régionale.







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