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Le Bureau de l’Ombudsman dénonce les dérives des groupements financières communautaires, la BRB serre la vis

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Le Bureau de l’Ombudsman burundais tire la sonnette d’alarme sur les pratiques frauduleuses de certaines institutions financières communautaires, accusées d’ouvrir leurs portes au public pour collecter l’épargne des citoyens avant de fermer brusquement, sans restituer les fonds confiés. Cette situation préoccupante a été officiellement dénoncée par l’Ombudsman du Burundi, Aimée Laurentine Kanyana, lors de sa présentation du rapport de l’année 2025 devant le Sénat, réunie à Gitega ce mardi 4 février 2026.

Dans son exposé, l’Ombudsman a indiqué que parmi les dossiers récemment traités par son institution figurent de nombreuses plaintes de citoyens victimes de coopératives d’épargne et de crédit ainsi que de groupements financiers communautaires qui disparaissent après avoir encaissé l’argent des membres. Ces pratiques, a-t-elle souligné, portent gravement atteinte à la confiance du public dans le secteur financier et fragilisent davantage des ménages déjà vulnérables.

Aimée Laurentine Kanyana a reconnu que ces dérives constituent un défi majeur pour la protection des intérêts économiques des Burundais, en particulier ceux des zones rurales où ces structures financières prolifèrent. Elle a toutefois salué l’intervention rapide et ferme de la Banque de la République du Burundi (BRB), qui a pris le dossier à bras-le-corps afin de mettre fin à ces abus récurrents.

La Banque Centrale a récemment rendu publiques de nouvelles mesures réglementaires visant à assainir le secteur des microfinances et des groupements financiers communautaires. Parmi ces décisions figure l’obligation, pour toute institution de microfinance qui n’a pas encore atteint le premier niveau réglementaire, de déposer un capital minimum de 50 millions de francs burundais auprès de la BRB avant d’obtenir l’autorisation d’exercer. Cette exigence vise à garantir la solidité financière de ces institutions et à réduire les risques de faillites frauduleuses.

Autre mesure importante : les groupements financiers communautaires, souvent basés sur l’entraide locale, ne sont désormais plus autorisés à utiliser les capitaux de personnes extérieures à leur structure ni à ouvrir des agences en dehors de leur zone d’opération initiale. Cette limitation entend prévenir l’expansion incontrôlée de structures non viables et limiter les risques d’escroquerie à grande échelle.

S’exprimant à ce sujet, Alphonse Sinzumusi, directeur du département chargé de la supervision des institutions de microfinance au sein de la BRB, a précisé que la nouvelle loi régissant ces structures impose un strict respect de la zone géographique d’intervention. Aucune institution ne pourra désormais opérer en dehors de son périmètre autorisé.

La réforme prévoit également une révision du nombre de membres requis pour la reconnaissance légale d’un groupement financier communautaire. Désormais, ces structures devront compter entre 30 et 300 membres, contre un minimum de 100 auparavant. Selon la BRB, cette flexibilité permettra à de petits groupes de citoyens de s’organiser légalement sans obstacles excessifs, tout en évitant les dérives liées à des regroupements trop larges et mal contrôlés.

Toutefois, avant toute reconnaissance officielle, les membres fondateurs devront fournir une attestation prouvant qu’ils sont connus et reconnus par les autorités administratives locales de la zone d’implantation. Une mesure destinée à mettre fin aux cas d’individus malintentionnés qui, après avoir escroqué la population, disparaissent sans laisser de traces.

Enfin, la Banque Centrale a annoncé que toutes ces institutions seront désormais soumises à un suivi régulier par la BRB, au même titre que les microfinances et les banques commerciales, et qu’elles devront s’acquitter des frais de supervision réglementaires. Une décision saluée par le Bureau de l’Ombudsman, qui y voit une avancée majeure dans la protection de l’épargne des citoyens burundais.

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