Dans le cadre de la dernière journéé du Dialogue continental de la jeunesse africaine, organisé du 10 au 12 Aout 2026 à Bujumbura, une visite de terrain au Centre Polytechnique de Formation et de Reconversion Professionnelle de Rusi (CEFORE-Rusi), a été organisé dans la province de Gitega. Des représentants venus de plusieurs pays africains ont eu l’occasion de découvrir les infrastructures, les équipements , les produits et les différents programmes de formation développés par ce centre, présenté comme un outil destiné à renforcer les compétences pratiques et techniques des jeunes et à favoriser leur insertion professionnelle.
Un centre axé sur les compétences pratiques

Au CEFORE-Rusi, les visiteurs ont découvert plusieurs domaines de formation liés notamment à la transformation agro-pastorale, la mécanique automobile, le numérique, la digitalisation et la cybersécurité.Le centre dispose également d’ateliers consacrés à la fabrication et à l’utilisation d’équipements mécaniques, notamment dans le secteur agricole. Les formations touchent aussi des activités telles que la menuiserie, l’élevage et la transformation des produits issus de l’agriculture.
Dans le domaine agroalimentaire, les apprenants sont notamment initiés à la transformation de produits agricoles et à la fabrication de différents produits, dont des boissons, du miel et ses dérivés. L’une des particularités du CEFORE-Rusi réside dans l’importance accordée à la pratique. Selon la direction, 80 % des formations sont consacrées aux travaux pratiques, afin de permettre aux apprenants d’acquérir des compétences directement utilisables dans le monde professionnel.
15 ateliers équipés et des laboratoires modernes

Le Directeur général du CEFORE-Rusi, Bonaventure Dusabe, a expliqué que le centre a commencé ses activités en septembre 2024. Depuis, d’importants investissements ont été réalisés afin de doter le centre d’équipements modernes adaptés aux différents modules de formation. « Aujourd’hui, nous disposons de 15 ateliers équipés de matériels modernes, ainsi que de laboratoires permettant aux jeunes d’apprendre dans des conditions adaptées aux exigences actuelles », a-t-il expliqué. Pour les responsables du centre, l’objectif est de ne pas se limiter à une formation théorique, mais de permettre aux jeunes de devenir capables de concevoir, fabriquer, réparer, transformer et entreprendre.
Une réponse au déficit de compétences pratiques chez les jeunes

Selon Bonaventure Dusabe, la création du CEFORE-Rusi s’inscrit dans une volonté de répondre à un problème identifié à la suite d’un recensement réalisé en 2020. Ce recensement aurait notamment révélé l’existence d’un nombre important de jeunes diplômés disposant de connaissances académiques, mais manquant de compétences professionnelles, pratiques et techniques nécessaires pour accéder facilement à l’emploi ou créer leurs propres activités. Le projet de Rusi, initié sous l’impulsion du président de la République Évariste Ndayishimiye, vise ainsi à contribuer à la réduction de cet écart entre la formation et les besoins du marché du travail.
Les visiteurs séduits par les réalisations

Au cours de leur visite, les participants au Dialogue continental de la jeunesse africaine ont pu observer les équipements, découvrir les différents ateliers, goûter certains produits fabriqués au centre et échanger directement avec les responsables et les formateurs. Plusieurs visiteurs ont salué les réalisations observées et ont estimé que les produits et innovations développés par les jeunes devraient rapidement être orientés vers le marché. Ils ont également plaidé pour que les produits issus des formations du CEFORE-Rusi puissent bénéficier d’une meilleure visibilité commerciale et atteindre d’autres marchés africains.
De Rusi vers le marché africain ?

La question de la commercialisation apparaît désormais comme l’un des prochains défis pour le CEFORE-Rusi. Les visiteurs ont notamment souhaité voir les produits fabriqués au centre accéder rapidement au marché afin de permettre aux jeunes formés de transformer leurs compétences en véritables opportunités économiques. Ils ont également proposé que l’expérience de Rusi soit progressivement partagée avec d’autres pays africains. Une perspective que la direction du centre semble envisager favorablement. Bonaventure Dusabe a indiqué que l’ambition est justement de développer cette ouverture et de faire profiter d’autres pays de l’expertise et des compétences développées à Rusi.
Un modèle de formation tourné vers l’avenir

À travers ses différents ateliers, ses laboratoires et ses formations fortement axées sur la pratique, le CEFORE-Rusi entend contribuer à une nouvelle approche de la formation professionnelle au Burundi : former non seulement des diplômés, mais surtout des jeunes capables de répondre concrètement aux besoins de l’économie.La visite organisée dans le cadre du Dialogue continental de la jeunesse africaine aura ainsi permis aux représentants de plusieurs pays de découvrir une initiative burundaise qui place la compétence, l’innovation, la technologie et l’entrepreneuriat des jeunes au cœur de son action.
Pour le CEFORE-Rusi, le prochain défi sera désormais de faire passer davantage les compétences acquises dans les ateliers vers les entreprises, le marché et, à terme, les autres pays africains.







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