
Le projet « Twivuze Twese », mis en œuvre par un consortium de trois organisations – WeWorld-GVC, Initiative pour l’Appui au Développement Humain (IADH) et Conseil pour l’Éducation et le Développement (COPED) a été officiellement clôturé jeudi 5 mars 2026 après plus de trois ans d’intervention au Burundi. Financé par Union européenne à hauteur de 3 888 888 euros, ce programme visait à renforcer la gouvernance communautaire du système de santé et à améliorer la redevabilité dans la gestion des services sanitaires.
Mis en œuvre pendant 39 mois, le projet s’est déroulé du début de l’année 2023 jusqu’au mois de mars 2026. Il a été déployé dans six anciennes provinces administratives, à savoir Bujumbura, Cibitoke, Kayanza, Ngozi, Muramvya et Bubanza. Avec la réforme administrative intervenue au Burundi, ces zones correspondent aujourd’hui à quatre provinces du nouveau découpage territorial : Bujumbura Gitega , Butanyerera et Burunga.
Renforcer la gouvernance communautaire du système de santé

Selon Giampaolo Pastollerri, représentant pays de WeWorld-GVC, l’objectif principal du projet était de contribuer à la durabilité et à l’efficacité de la gestion communautaire de la santé, tout en renforçant la redevabilité au sein du système sanitaire burundais.
« Ce projet a permis d’appuyer les communautés pour qu’elles participent davantage à la gouvernance du système de santé et qu’elles puissent jouer pleinement leur rôle dans le suivi des services sanitaires », a-t-il expliqué lors de la cérémonie de clôture.
Le programme a couvert 16 districts sanitaires et 18 communes, en collaboration avec six bureaux provinciaux de santé issus de l’ancien découpage administratif. Au total, 283 centres de santé ont été impliqués dans les activités du projet.
Des résultats concrets sur le terrain
Les réalisations du projet témoignent de l’implication des acteurs communautaires dans l’amélioration des services de santé. En effet, plus de 2600 membres de 276 comités de santé communautaires (COSA) ont été accompagnés dans l’exercice de leurs fonctions afin de renforcer leur rôle dans la gouvernance locale des services sanitaires.
Par ailleurs, 283 centres de santé ont bénéficié d’un appui matériel destiné à améliorer la prévention et la réponse aux urgences sanitaires. Le projet a également soutenu 4300 agents de santé membres de 282 groupements d’agents de santé(GASC) comités de santé (COSA), structures essentielles dans le dialogue entre les communautés et les prestataires de soins.
Ces interventions ont contribué à renforcer les capacités locales et à améliorer la participation citoyenne dans le suivi et la gestion des services de santé, une dimension jugée essentielle pour la qualité et la transparence du système sanitaire.
L’Union européenne salue les avancées

Pour Ignacio, chargé du programme santé à la délégation de Union européenne au Burundi, le projet « Twivuze Twese » a permis d’obtenir des avancées significatives dans plusieurs domaines stratégiques.
Il a notamment cité la révision et la relance de la stratégie nationale de santé communautaire, ainsi que l’organisation de campagnes de mobilisation communautaire visant à encourager l’adhésion des populations aux mutuelles de santé.
Le responsable européen a également rappelé l’engagement financier important de l’Union européenne dans le secteur sanitaire burundais. « Depuis 2014, environ un tiers des financements de l’Union européenne au Burundi ont été consacrés au secteur de la santé », a-t-il souligné, mettant en avant la priorité accordée à l’amélioration de l’accès aux soins.
Une contribution à la vision nationale de santé

Du côté du gouvernement burundais, le projet est perçu comme une contribution importante aux efforts nationaux visant à renforcer la santé communautaire. Celle-ci constitue un pilier essentiel de la politique sanitaire du pays, en rapprochant les services de santé des populations et en favorisant un accès plus équitable aux soins, en particulier pour les communautés vulnérables.
Selon Dr Polycarpe Ndayikeza, Directeur de la promotion de la santé au sein du Ministère de la Santé Publique du Burundi, le projet s’inscrit pleinement dans la dynamique de la vision nationale d’amélioration de la santé de la population.
Il a également rappelé que cette initiative contribue aux engagements internationaux du Burundi, notamment ceux liés à la couverture sanitaire universelle et aux Objectifs de développement durable (ODD).
« Le projet Twivuze Twese a apporté une contribution appréciable au renforcement de la santé communautaire, notamment à travers l’appui aux comités de santé, aux agents de santé communautaires et aux autorités sanitaires décentralisées », a-t-il indiqué.
Selon lui, la mise en œuvre du projet a permis d’obtenir des résultats encourageants, en particulier en matière de gouvernance communautaire des services de santé et de participation des populations aux actions de promotion, de prévention sanitaire et de mutualisation du risque maladie.
Assurer la pérennité des acquis

Même si le projet arrive officiellement à son terme, les partenaires assurent que les acquis seront maintenus. Les activités et les approches développées seront progressivement intégrées dans les mécanismes nationaux et poursuivies par les acteurs du système de santé et de la protection sociale à différents niveaux.
Pour Fidèle Fouepe, Responsable du programme santé et Séverin Niyokwizigirwa, chef du projet « Twivuze Twese » au sein de WeWorld-GVC, la pérennisation des résultats constitue désormais une priorité. « Il appartient aux autorités sanitaires à tous les niveaux, les centres de santé, les relais communautaires ainsi que les structures administratives à s’approprier les approches développées dans le cadre du projet afin de consolider les progrès réalisés », ont -t-il affirmé.
La clôture du projet marque ainsi la fin d’un programme majeur de coopération dans le domaine de la santé au Burundi, mais ouvre également la voie à une nouvelle phase d’appropriation locale destinée à garantir la durabilité des résultats obtenus.







Leave a Reply