Le Lycée Communal de Musigati, situé à 55 kilomètres de Bujumbura, vient de franchir une étape majeure dans l’amélioration de l’hygiène scolaire et communautaire. Grâce au projet “Amazi Meza, Sôko ry’Ubuzima (ASUB)”, exécuté par la Plateforme des Acteurs de Mutuelles de Santé au Burundi (PAMUSAB), les élèves, enseignants et populations environnantes bénéficient désormais d’un accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires modernes et écologiques.

Ce projet, financé à hauteur de 46 000 euros, a permis la réhabilitation de deux sources d’eau, la construction de points de lavage des mains, de latrines écologiques, ainsi que l’aménagement de jardins potagers et fruitiers au sein de l’établissement.
Comme dit le dicton kirundi : “Amazi mezani ubuzima bwiza; naho amazi mabi ni urupfu rutuje” pour dire qu’ Une eau propre, c’est une vie saine ; une eau sale, c’est une mort lente; la réussite de ce projet est un soulagement après des années de pénurie
Selon Bienvenue Nsavyimana, directeur du lycée, l’école a passé de nombreuses années sans accès à l’eau potable.
“Auparavant, les élèves devaient parcourir de longues distances pour puiser de l’eau dans des sources peu sûres, parfois boueuses. L’absence de latrines adéquates favorisait la propagation des maladies liées aux mains sales,” explique-t-il.
“Aujourd’hui, grâce à ce projet, nous avons de l’eau propre, des toilettes modernes et un environnement plus sain. C’est une véritable bénédiction.”
Parmi les élèves, la joie est visible, et les mots sont forts.
Delfin Niyonyishu, élève en 8e année, exprime avec émotion l’impact de ces nouvelles infrastructures :“Je suis très heureux de ces réalisations qui arrivent vraiment au bon moment. Avant, on devait courir sur de longues distances pour trouver de l’eau. Les anciennes latrines étaient trop vieilles et insuffisantes. Maintenant, on a de l’eau ici même à l’école et des toilettes modernes. C’est propre, tu peux même te laver les mains juste après. Ça change tout.
Des toilettes écologiques : l’hygiène alliée à l’agriculture
L’ingénieur Simplice Ndereyimana, chargé du suivi technique du projet, précise que 12 toilettes écologiques ont été construites, dont 6 pour les filles et 6 pour les garçons, avec des chambres de dignité pour les filles en période menstruelle. “Nous ne pouvions pas parler de santé scolaire sans prendre en compte la situation spécifique des filles. Ces chambres de dignité permettent de préserver leur hygiène, leur intimité, et surtout leur dignité.” Précise l’ingénieur
Ces installations permettent la séparation des urines et matières solides, qui, une fois traitées, sont transformées en compost utile pour les cultures scolaires.
“Ce système permet non seulement de protéger l’environnement, mais aussi d’enseigner aux jeunes la gestion durable des déchets et la valorisation des ressources,” souligne-t-il.
Une portée communautaire au-delà de l’école
Le projet ASUB ne s’est pas limité au lycée. Une des sources réhabilitées a été aménagée pour servir également la population environnante, qui souffrait elle aussi d’un accès difficile à l’eau potable depuis plus de cinq ans.
Jeanne Marie Nshimirimana, résidente de Musigati, témoigne :
“Depuis notre mariage, nous buvions de l’eau sale venant des marais. Les enfants tombaient souvent malades. Mais aujourd’hui, grâce à cette source, nous avons retrouvé notre dignité. Imana ibarihe umugisha (Que Dieu vous bénisse).”
Une approche intégrée : santé, environnement et solidarité
Le président de la PAMUSAB, Dr Édouard Nkurunziza, souligne que le choix de Musigati repose sur plusieurs critères :
“La situation sanitaire était préoccupante. Mais nous avons aussi constaté un dynamisme local exceptionnel, avec une forte implication de l’administration, de la population, des responsables scolaires, et de la Mutuelle de santé Twiteho Amahoro.”
Et d’ajouter : “Ce projet est une réponse concrète à la prévention des maladies d’origine hydrique. Il s’inscrit dans notre vision d’une santé communautaire durable et équitable pour tous les mutualistes.”
Un avenir prometteur pour Musigati
Le lycée, fondé en 1998 et comptant aujourd’hui 300 élèves, dispose désormais des moyens d’assurer un environnement propice à l’apprentissage, à la santé et à l’éveil écologique.
Ce projet pilote pourrait inspirer d’autres interventions similaires à travers le pays, surtout dans les zones rurales où les défis sanitaires restent importants.
La PAMUSAB entend poursuivre ses efforts, avec l’appui de ses partenaires, pour renforcer la résilience des communautés burundaises face aux défis sanitaires et environnementaux.







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